Tchernobyl : Vinci et Bouygues vont construire un nouveau sarcophage

Dans un communiqué conjoint, Vinci et Bouygues ont annoncé lundi 17 septembre la signature du contrat pour la réalisation de l'enceinte de confinement du sarcophage de Tchernobyl.
L'ancien sarcophage fut construit à la hâte entre 1986 et 1988 par les liquidateurs qui s'occupèrent également de nettoyer les terrains avoisinants. On estime à 600.000 le nombre de ces liquidateurs. Depuis quelques années, on sait que ce sarcophage souffre de la corrosion, on y a observé des infiltrations d'eau et de neige et il risque de s'effondrer.
Vinci et Bouygues s'associent donc pour créer un nouveau sarcophage en forme d'arche qui va englober l'ancien. Il sera recouvert de plaques étanches. La taille de l'édifice est à couper le souffle : 150 mètres de long pour 105 mètres de haut. Une hauteur proche de l'Arche de la Défense (110 mètres de haut). Pour limiter les effets d'un environnement radioactif, le nouveau sarcophage sera construit à quelques mètres de l'actuel puis glissé au dessus de l'ancien sarcophage par des rails ! Il s'agit donc d'un véritable défi technologique. Le but final de l'arche est de permettre le démantèlement total de la centrale. A terme, il devrait abriter des ateliers destinés à décontaminer, traiter et conditionner les matériaux radioactifs en vue d'un futur stockage.

Source : IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nationale)
L'opération, financée par un fond international administré par la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement), va coûter au total 856 millions d'euros dont 432 millions d'euros pour la partie réalisée par Vinci et Bouygues. Pour ces deux acteurs, les travaux vont durer près de 4 ans et demi, d'octobre 2007 à fin 2012 et mobiliser jusqu'à 900 personnes. Un soin particulier sera apporté selon les deux entreprises aux conditions de travail du personnel ukrainien et des expatriés.
Dans un article intitulé le sarcophage de Tchernobyl bientôt à l'abri, le Figaro indique que pour l'emporter, le consortium Novarka composé de Vinci et de Bouygues a dû prendre en charge une partie de l'assurance de ce projet pharaonique - en l'occurance la partie concernant les erreurs de conception - pour emporter l'appel d'offres contre leur concurrent américain CH2M Hill.
Dans ce même article, Christian Gazaignes, Directeur Général de Bouygues Travaux Publics, confiait au Figaro les difficultés recontrées pour aboutir à un choix dans cet appel d'offres : il nous a semblé être pris au centre d’un jeu géopolitique qui nous dépassait.
On voit bien tout l'intérêt pour les entreprises de BTP de s'intéresser aux constructions de centrales nucléaires comme au décommissionnement d'anciennes centrales. Autrement dit, dans les années à venir, il y a beaucoup de centrales nucléaires à construire et beaucoup à démanteler. Cela pourrait également passer par des rapprochements entre entreprises des différents secteurs ; on pense par exemple à Bouygues, Alstom et Areva.
La Fed baisse son taux principal de 0,50 point

Le consensus pariait sur une baisse de taux d'un quart de point. Le consensus s'est trompé. Ce soir, la Réserve Fédérale a baissé son principal taux directeur de 0,50 point passant ainsi de 5,25% à 4,75%.
Les indices américains ont très bien accueilli la nouvelle puisque le Dow Jones est en hausse de 2,46% et le Nasdaq de 2,53% ce soir à 22h. Autre conséquence de cette annonce, l'euro a atteint un plus haut historique à 1,3981 $. Autre record historique pour le baril de pétrole à 82,18 $.
Pour ceux qui comme moi aiment aller à la source de l'information, voici le communiqué de la Réserve Fédérale américaine. L'inflation reste une préoccupation de la Fed mais le récents évènements sur les marchés financiers ont augmenté les incertitudes sur les perspectives économiques.
Rappelons que le mandat de la Fed comprend un objectif de stabilité des prix, un objectif de plein emploi et l'obligation de faciliter la croissance économique. De son côté, la BCE a pour principal objectif la stabilité des prix. Une différence de mandat qui explique le comportement différent des deux banques centrales. En conséquence, rien ne sert de critiquer les décisions de la BCE comme le fait Nicolas Sarkozy si on ne remet pas en cause les objectifs fixés à la BCE. Mais les européens et notamment les allemands sont-ils prêts à changer l'esprit de la mission de la BCE ?
En attendant, il est certain que cette décision de la Fed va sans doute ranimer le débat sur les décisions de la BCE.
Apple s'emmêle les pinceaux dans la fixation du prix de l'iPhone

Le 5 septembre, Steve Jobs annonçait que l'iPhone 8 Go passait de 599 $ à 399 $ alors que ce téléphone d'Apple n'était sorti que le 29 juin. 200 $, soit une baisse de prix d'un tiers en 2 mois, ça fait beaucoup.
Devant une telle baisse de prix, les consommateurs de la première heure se sont bien entendu sentis blousés. Ayant reçu des centaines d'e-mails de la part de clients mécontents, Steve Jobs a présenté ses excuses dans une lettre ouverte publiée sur le site Apple. De plus, Apple va offrir un avoir de 100 $ aux premiers acheteurs d'iPhone.
La fixation du prix est un art plus qu'une science surtout sur des produits technologiques. Les entreprises doivent manier cette discipline avec beaucoup de prudence. En effet, l'annonce de la baisse de prix de 200 $ va sans doute écorner l'image d'Apple. Les early-adopters de produits Apple vont devenir méfiants alors qu'Apple bénéficiait largement du buzz de cette catégorie de consommateurs. Les autres consommateurs vont se méfier d'une entreprise capable de baisser aussi vite ses prix. Imaginons que BMW baisse le prix d'un tiers de son nouveau modèle 2 mois après de son lancement. Le consommateur aurait très certainement des doutes sur la qualité réputée meilleure de la marque allemande.
Enfin, cette baisse de prix laisse supposer qu'Apple ne vend pas suffisamment d'iPhone même si la compagnie vient d'annoncer avoir vendu plus d'un million d'exemplaires de son téléphone multimédia.
Cette baisse de prix a également troublé les investisseurs boursiers : l'action Apple a baissé de 4,74%, 1,28% et 2,48% les 5, 6 et 7 septembre avant de remonter de 3.76% le 10 septembre suite à l'annonce du dépassement de la barre du million d'exemplaires vendus.
Les questions que pose la fusion GDF - Suez

Lundi 3 septembre, Jean-François Cirelli, Président Directeur Général de Gaz de France, et Gérard Mestrallet, Président Directeur Général de Suez ont annoncé la fusion de leurs entreprises à l'Hôtel Hilton, à Paris. Vous pouvez accéder à la vidéo de leur déclaration commune sur le site de Gaz de France.
Ainsi, la pression (ou l'ultimatum devrais-je dire) exercée par Gérard Mestrallet sur le gouvernement pour que le dossier se débloque a finalement payé. Pour autant beaucoup de questions se posent.
D'abord, le nouveau groupe ne va-t-il pas subir une certaine pression de la part du gouvernement par rapport à la fixation de ses prix de vente. L'Etat sera en effet actionnaire du nouvel ensemble et la tentation sera grande de s'immiscer dans le prix de vente du gaz et de l'électricité. A ce titre, Suez va perdre de son autonomie.
Ensuite, la fusion fut laborieuse. Il est probable que des tensions entre les équipes de Suez et de Gaz de France aient vu le jour pendant une aussi longue période.
De plus, le sort du pôle environnement n'est pas évident. L'accord de fusion prévoit que ce pôle sera côté mais des interrogations se font déjà entendre sur le niveau d'endettement qu'il devra supporter. On peut également se demander si Veolia Environnement va se porter acquéreur de la partie hors de France. Dans ce cas, la partie restante sera bien petite pour lutter contre Veolia Environnement.
Enfin, on peut se demander si le scénario d'un rapprochement entre Suez et Enel n'aurait pas été plus créateur de valeur pour les actionnaires de Suez. Il aurait également permis de construire un acteur européen majeur. Mais cette idée a été sacrifiée sur l'autel du patriotisme économique cher à Dominique de Villepin.
BlogDay 2007 : 5 blogs sur l'économie ou la politique
Dans le cadre du Blog Day 2007 qui a lieu aujourd'hui le 31/08, je vous propose de découvrir 5 blogs qui traitent d'économie ou de politique et que j'apprécie particulièrement :
Sur l'économie :
- Le blog finance : un blog collectif bien documenté
- Rue89 | Votre révolution de l'info : un blog collectif animé par des journalistes, des experts et les internautes
- Kelblog : le blog de Pierre Chappaz, fondateur de Kelkoo, le comparateur de prix revendu à Yahoo, aujourd'hui Président de Wikio et de Catherine Nivez
Sur la politique :
- Le blog de Jean-Michel Aphatie car j'aime le ton de ce journaliste
- Blog-Notes Robert Grossmann : Le blog d'un homme politique. Robert Grossmann est Président de la CUS, la Communauté Urbaine de Strasbourg. On y parle de Strasbourg bien sûr mais aussi de politique nationale.
De plus, je profite de cette occasion pour vous annoncer la naissance d'un nouveau blog que je vais animer avec Arnaud Bonneville, mon associé au cabinet Baccou Bonneville Consultants. Intitulé make IT strategic, ce que l'on peut traduire en français par rendre l'informatique stratégique est destiné aux décideurs informatiques (DSI, Directeurs des Etudes, Directeurs de Projets, etc.).
Bonne découverte !
Injecter des liquidités, ça veut dire quoi ?

Dans un excellent article, Pascal Riché du site Rue89 nous explique ce que signifie concrètement "la BCE a injecté des liquidités". Utile si l'on cherche à comprendre les dernières actions des banques centrales (voir aussi ma blog note : Coup de tonnerre sur les marchés financiers. Les banques centrales à la rescousse).
Christine Largarde et la BCE pas sur la même longueur d'ondes sur les taux

Photo : MINEFE
Christine Lagarde et la Banque Centrale Européenne ne sont pas tout à fait sur la même longueur d'ondes au sujet de l'attitude à adopter sur les taux de la BCE en pleine tourmente financière.
La Ministre de l'Economie et des Finances a déclaré au micro de la BBC le mercredi 22 août 2007 que la baisse des taux de la BCE "aiderait certainement les entreprises et les marchés en ce moment". Elle a tout de même ajouté que cette décision relevait de la "responsabilité et de l'autorité" des responsables de la BCE. "Ce n'est pas une décision facile et je suis sûre que la BCE l'envisagera avec beaucoup de précautions" a-t-elle déclaré.
Un peu plus tard dans la journée, Christine Lagarde en a rajouté une couche au micro d'Europe 1 (Ecouter l'extrait) : "La BCE est un organisme indépendant qui devra, à la lumière de ce qui s'est passé d'ici le 6 septembre, déterminer s'il est opportun de relever ou de stabiliser son taux. Soit on suit le droit fil des engagements du 2 août (...), soit on comprend les aspirations d'un certain nombre de gouvernements et de grands patrons de banques et d'entreprises pour obtenir du crédit et dans ce cas là, la politique monétaire permet de desserrer un petit peu en n'augmentant pas le taux d'intérêt. On est nombreux maintenant à indiquer notre préférence".
La BCE a répondu que "la position du conseil des gouverneurs de la BCE concernant sa politique monétaire (avait) été exprimée par son Président le 2 août 2007". Lors de cette déclaration, Jean-Claude Trichet avait indiqué qu'une "grande vigilance" était nécessaire par rapport à l'inflation. Ce genre de déclaration est en général annonciateur d'une hausse des taux.
Suite aux déclarations de Christine Lagarde, le Premier Ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a déclaré à l'AFP que les Ministres des Finances de la zone euro devaient respecter l'indépendance de la BCE et de ne pas la gêner avec des déclarations qui pourraient ne pas être comprises par les marchés.
Pour ma part, je pense que ce type de déclaration est plutôt contre-productif car, on le sait, la BCE est attachée à son indépendance. Aussi, la pression exercée par la France pourrait finalement la pousser à agir dans le sens contraire de ce que souhaite la Ministre.
Alors, hausse à 4,25% ou statuquo ? Personnellement, je pense que la BCE va relever son taux à 4,25%. Verdict, le 6 septembre, date de la prochaine réunion de la BCE.
Coup de tonnerre sur les marchés financiers. Les banques centrales à la rescousse.

En ce moment, les marchés financiers se comportent comme la météo : un jour, il fait beau ; ensuite, on a un sale temps pendant au moins 5 jours...
Avec la crise du subprime, les investisseurs connaissent aujourd'hui une telle aversion au risque que la liquidité de certains marchés du crédit est menacé, même si ces marchés sont sans rapport avec le crédit immobilier américain.
Pour calmer le jeu, les banques centrales ont donc injectées des quantités très importantes de liquidités dans le circuit financier. Ainsi le 9 aout, la BCE a injecté 94,8 milliards d'euros sur le marché monétaire, un montant record dans l'histoire de la BCE. Le précédent record s'était établi à 69,3 milliards d'euros le 12 septembre 2001 (le lendemain du 11 septembre). Aujourd'hui, vendredi 10 août, la BCE a servi 61,05 milliards d'euros. De son côté, la Fed a injecté 24 milliards de dollars jeudi et 35 milliards vendredi. La BoJ, la banque du Japon, a elle injecté 6,25 milliards d'euros. Je sors ma calculette... Cela fait un total de 205 milliards d'euros ! On a aussi observé une action de la Banque d'Angleterre (BoE) et des banquiers centraux de Suisse, d'Australie, de Norvège et du Canada. Il s'agit donc bien d'une action concertée des différents banquiers centraux.
Dans un premier temps, le marché a accueilli froidement ces nouvelles, en témoigne la baisse de 3,13% du CAC ce vendredi 10 août. En effet, les financiers se sont sans doute dits que si les banques centrales interviennent c'est que la crise est très sérieuse.
Espérons tout de même qu'à terme les interventions des banques centrales permettent au calme de revenir sur les marchés financiers.
Alors, à quand l'éclaircie ?
La Fed ne touche pas à son taux

Ben Bernanke, Président de la Réserve Fédérale
Dans un communiqué daté du 7 août (merci de prononcer "ou" pour faire plaisir au CSA), la Fed, la banque centrale américaine, indique maintenir son taux d'intérêt inchangé à 5,25%.
La décision était très suivie par les investisseurs qui attendaient en réalité plus les propos contenus dans le communiqué que la décision elle-même. Dans celui-ci, la Fed prend acte de "la volatilité du marché de ces dernières semaines et des conditions de crédit plus compliquées pour les ménages et les entreprises". Néanmoins, l'économie américaine semble soutenue par la croissance de l'emploi et par une croissance mondiale élevée. Le communiqué ajoute qu'une modération durable des pressions inflationnistes reste encore à être démontrée. Du coup, pas de baisse de taux. En même temps, Ben Bernanke et ses collègues n'avaient guère le choix : en procédant à une baisse de taux, ils auraient envoyé le signal que la crise est plus grave que prévue.
Une SICAV de trésorerie d'AXA IM trébuche

Axa Trésorerie Plus (FR0000436511) d'AXA IM est un fond monétaire dynamique dont le prospectus commercial vante un objectif de volatilité faible de 1,5 % maximum. Le fond bénéficie à ce titre de 5 étoiles Morningstar (au 05/08/2007). Sauf que le fond vient de prendre un beau gadin : - 3.38% en un mois. Il est passé des premières places du classement de Boursorama au rang 239/243 pour un horizon 1 mois. Pas top pour un fond sensé dopée sa trésorerie...
En fait, dans la partie dynamique du fonds, le gestionnaire a choisi d'inclure des parts du fonds Axa WF IM Libor Plus. Ce fonds était exposé aux subprime mortgage et a fait l'objet d'une belle gamelle comme le relatent Le Monde et La Tribune. Dans un communiqué daté du 23 juillet, AXA IM indique qu'il met en place une mesure temporaire visant à assurer la liquidité du fonds. Pour cela, c'est AXA IM qui se portera acquéreur des parts mises en liquidation.
Par ricochet, la crise du subprime a donc fait une nouvelle victime : une SICAV de trésorerie. Aujourd'hui, AXA IM se veut rassurant : le fond Axa Trésorerie Plus ne contient plus une seule ligne Libor. Et AXA IM se fixe comme objectif de remonter la pente pour Q1 2008. On demande à voir...
Faut-il avoir peur de la récente baisse du CAC 40 ?

Le 16 juillet 2007, le CAC 40 affichait fièrement 6125 points, non loin des plus hauts annuels situés à 6168 points atteints le premier juin. Le 26 juillet, l'indice vedette parisien clôturait à 5643 points. Le CAC venait donc de perdre pas loin de 8% en l'espace de 10 jours. Le déclencheur est connu : il s'agit du tube de l'été, j'ai nommé le subprime. Faut-il pour autant avoir peur de cette récente baisse du CAC 40 ?
Mon point de vue
Cette baisse était attendue / souhaitée par certains (dont votre serviteur) depuis quelques mois (depuis la fin du mois d'avril en ce qui me concerne). Le marché avait visiblement le besoin de souffler pour pouvoir repartir de l'avant. A ce titre, cette baisse peut être vue selon moi comme une opportunité d'achat pour entrer dans le marché à un niveau bien plus acceptable qu'il y a seulement quelques jours.
Ensuite, il y a peu de risques que la crise du subprime ne se propage à l'ensemble des marchés financiers. Les montants relatifs aux subprimes ne représentent qu'une faible part de l'ensemble des actifs financiers de la planète.
Enfin, les entreprises affichent dans l'ensemble de bons résultats (surtout en Europe), le marché actions n'est pas surévalué et la croissance mondiale est très soutenue puisque le FMI attend 5,2% en 2007.
Nous risquons d'observer une période de flottement les prochains temps avec une nette augmentation de la volatilité histoire de mettre un peu les nerfs des investisseurs à rude épreuve. Mais pour ma part, je parie sur un CAC 40 à 6100 points à nouveau avant la fin de l'année peut-être suite à un rallye de fin d'année. D'ici là, patience...
Le taux du Livret A monte à 3% au 1er août

Le taux du Livret A distribué par les Caisses d'Epargne et la Banque Postale et du Livret Bleu distribué par le Crédit Mutuel va passer à 3% contre 2,75% à partir du 1er août 2007. Rappelons que le taux de ces livrets règlementés est déterminé automatiquement depuis le 1er juillet 2004 par une moyenne entre le taux d'inflation hors tabac et l'Euribor (taux interbancaire) trois mois.
Mon point de vue
Cette hausse d'un quart de point ne va pas peser lourd dans vos finances. Pour 10.000 € placés sur un Livret A ou un Livret Bleu, la hausse en année pleine ne rapporte que 25 €. Même à 3%, ce type de placement (dont le plafond - rappelons-le - est à 15.300 € par personne) n'est pas une bonne idée pour une horizon moyen ou long terme comme la préparation de sa retraite par exemple car il ne dépasse que très faiblement l'inflation.
Par contre, on ne peut que se féliciter que la fixation de ce taux soit dépolitisée. Finalement, lorsque les hommes politiques ne se mêlent pas de certaines choses, ça va aussi !
Subprime : des crédits immobiliers bien trop risqués

Dans sa déclaration semestrielle au Congrès américain datée d'aujourd'hui le 18/08/2007, Ben Bernanke, le patron de la banque fédérale, s'inquiète une fois de plus de la crise des crédits immobiliers hypothécaires à risque ou subprime mortgage : L'augmentation des défauts de paiement et des saisies créent une détresse personnelle, économique et sociale pour beaucoup de propriétaires - problèmes qui vont vraisemblablement empirer avant de s'améliorer. Regardons de plus près dans cette blog-note ce qu'est le subprime.
Aux Etats-Unis, quand vous n'avez pas - par faute de moyens - accès à un prêt classique (prime market) pour acheter votre maison, vous pouvez vous adresser à des banques spécialisés qui pratiquent les crédits à risque ou subprime. Ainsi, quelqu'un qui n'a pas de revenus réguliers peut tout de même accéder au rêve de posséder son habitation. Bien entendu, il y a des contreparties : les taux sont variables et sont bien entendu plus élevés que pour un crédit classique. De plus, ces banquiers prennent le bien immobilier en garantie. Tout va pour le mieux dans un marché haussier, mais lorsque le marché immobilier se retourne, la valeur du bien immobilier peut ne plus couvrir le risque engagé par la banque...
Des taux d'intérêts élevés aux Etats Unis (le taux de la Fed est à 5,25%) associés à un retournement du marché immobilier ont ainsi contribués à rendre insolvables près de 2 millions d'américains. Les défauts de paiement pourraient s'établir entre 50 et 100 milliards de dollars. Cela a même entraîné des faillites de sociétés de crédits à risque comme la banque New Century placée sous la protection du Chapter Eleven. Deux hedge funds gérés par Bear Stearns seraient également au bord de la faillite (voir l'article du Monde intitulé Crise de l'immobilier : deux hedge funds américains au bord de la faillite daté du 20/06/07). Ces hedge funds avaient acheté il y a quelques années des titres de créance liés aux mortgage subprime. Aujourd'hui, Bear Stearns indique à ses clients que ces deux fonds ne valent plus rien : Les estimations préliminaires montrent qu'il n'y a plus aucune valeur comptable pour les investisseurs ayant souscrit au fonds Enhanced Leverage Fund et presque plus aucune valeur résiduelle pour les investisseurs du fonds High Grade Fund en date du 30 juin 2007.
Il est probable selon Ben Bernanke que la crise des Subprime continue jusqu'en 2008...
Green Business, la bulle verte ?

Madame Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien, définissais en 1987 le concept de développement durable comme étant "un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". Depuis quelques années, un part de plus en plus importante de personnes ont pris conscience de la nécessité d'un développement économique et social respectueux de l'environnement.
Flairant la bonne affaire, de nombreuses entreprises se sont positionnées sur le marché du "Green Business", y compris au niveau de la bourse. Ainsi, le 29 novembre 2006 EDF a fait côté sa filiale EDF Energies Nouvelles spécialisée dans les énergies renouvelables (éolien, hydraulique, biomasse, solaire). Introduite à 28€, l'action côte aujourd'hui un peu plus de 46€ (+64% en 6 mois, pas mal). Dans un article daté du 23/03/2007, Le Monde s'inquiète de valorisations boursières de l'énergie éolienne [qui] font craindre une bulle spéculative.
De leur côté, les banques proposent de plus en plus de placements "verts" comme l'explique le Figaro dans son article sur la vague verte des placements écolos. Ainsi, le certificat de la Société Générale sur l'indice SOLEX (indice représentatif des valeurs internationales de l’énergie solaire) a pris plus de 50% en 6 mois.
Si on additionne l'engouement des marchés financiers pour ce secteur à de grosses liquidités disponibles, tous les ingrédients sont là pour revivre un remake de la bulle Internet mais à la sauce verte avec l'apparition probable de "startups vertes" survalorisées dans l'éolien, le solaire, les constructions bio, etc.
L'investisseur particulier risque bien d'être pris au piège par un effet de mode, rassuré par le sentiment de faire quelque chose de bien pour l'environnement en investissant dans ce type de sociétés. En mettant de l'affect dans ses raisonnements, il va s'éloigner de l'analyse des fondamentaux de ces entreprises.
Alors, la percée du Green Business est-elle durable ou bien va-t-on assister à l'éclatement d'une bulle verte ? Le développement durable est très certainement une tendance de fond. Mais il n'est pas impossible que le rythme de son adoption ne soit pas celui escompté par les investisseurs et que nous passions à un moment donné par un stade de désillusion.
Pour ou contre la TVA sociale ?

Selon un sondage CSA paru hier dans Le Parisien / Aujourd'hui en France, 60% des Français seraient contre l'instauration d'une TVA sociale car elle entraînerait selon eux une hausse des prix. Mais combien de personnes comprennent le mécanisme de la TVA sociale, son intérêt et l'impact sur l'économie et les prix ? Pour pouvoir répondre à la question "pour ou contre la TVA sociale", il faut avant tout en comprendre les tenants et aboutissants.
Qu'est ce que la TVA sociale ?
L'idée de TVA sociale part d'un constat : nos dépenses de protections sociales (sécurité sociale, RMI, etc.) sont majoritairement financées par des cotisations sociales (salariales et patronales) indexés sur les salaires et par la CSG / CRDS indexées sur l'ensemble des revenus (salaires ou revenus du capital). Or, le vieillissement de la population et l'explosion de nos dépenses de santé, fait que nos dépenses de protections sociales augmentent. Dans une compétition internationale où la France souffre déjà de coûts salariaux élevés, il apparaît délicat d'augmenter encore les taxes sur les salaires. D'où l'idée d'instaurer une taxe sur la consommation pour contribuer au financement de la protection sociale, la TVA sociale.
Une taxe anti-délocalisation ?
Mardi, sur France 2, François Fillon préférait parler de taxe anti-délocalisation (écouter l'extrait audio disponible sur le site d'Europe 1) plutôt que de taxe sociale. En quoi la TVA sociale pourrait être une arme anti-délocalisation ? En fait, elle peut jouer ce rôle à deux titres. Premièrement, elle permet de faire financer notre protection sociale également par des produits importés, par exemple, le textile chinois. Ainsi, le T-shirt made in China participerait au financement de notre protection sociale alors qu'il y échappe complètement actuellement puisque par définition le produit importé est fabriqué par une main d'œuvre étrangère donc non soumise aux contributions et taxes indexées sur les salaires. Deuxièmement, si l'instauration d'une TVA sociale est couplée à une baisse des cotisations sur les salaires, on réduit les coûts salariaux en France et donc on lutte contre les délocalisations.
La TVA sociale va-t-elle faire augmenter les prix ?
Le sondage CSA nous montre que la majorité des Français en sont convaincus. Une première lecture pourrait militer dans ce sens. Si on augmente la TVA, par quel miracle les prix n'augmenteraient pas ? Pourtant, l'exemple Allemand nous prouve le contraire. Le gouvernement allemand d'Angela Merkel a relevé au premier janvier 2007 le taux de TVA de 3 points (de 16 à 19%). L'inflation est restée stable en mai à 1.9% en glissement annuel (cf. Les Echos). Comment expliquer ce phénomène ? Si on couple la TVA sociale avec une baisse des cotisations patronales, l'entreprise récupère une manne d'argent qu'elle peut utiliser pour - au choix - augmenter les salaires, augmenter les profits, investir ou faire baisser les prix. Etudions chacune de ces possibilités. Augmenter les salaires serait néfaste car on rentrerait dans une spirale inflationniste (les salaires augmentent, les prix augmentent, etc.). Augmenter les profits n'a pas forcément d'impact immédiat et direct sur l'économie. Investir n'est pas mauvais pour le pays à terme. Faire baisser les prix : nous y voilà. Si les prix hors TVA baissent, ils pourraient compenser la hausse de la TVA. La clé du succès de la mesure tient donc dans l'attitude des entreprises vis à vis de cette manne financière. C'est le pari de la mesure. Certains estiment que la concurrence va favoriser cette option.
L'exemple Danois
Si l'exemple allemand est un peu récent pour avoir le recul nécessaire, l'exemple danois lui date de 1987-89. Pendant cette période, le Danemark a augmenté sa TVA à 25% pour instaurer une TVA sociale et a quasiment fait disparaître les cotisations sur les salaires. Cette hausse de la TVA s'est faite quasiment sans inflation et avec un succès important sur l'économie avec un taux de chômage particulièrement faible (5,5%). Source : Wikipedia.
La TVA, un impôt injuste
Le seul vrai problème de la TVA sociale, comme la TVA tout court est un impôt injuste car il est payé sur les produits consommés. Or, un ménage a revenu faible va consommer plus proportionnellement qu'un ménage ayant une forte capacité d'épargne.
La TVA sociale va-t-elle casser la consommation ?
Un indicateur se porte invariablement bien en France : la consommation. Les détracteurs de la TVA sociale pensent que cette dernière va casser le moteur de l'économie française. Ce n'est pas sûr si on estime que la TVA sociale ne va pas forcément créer d'inflation. Ensuite, la consommation n'est pas forcément créatrice d'emploi car nous importons beaucoup de produits (textile, électronique grand public, etc.). Ne faut-il pas plutôt favoriser l'offre plutôt que la demande ?
Le consommateur et le citoyen
Dans ce débat sur la TVA sociale, nous pointons une fois de plus la dichotomie - ou la schizophrénie devrais-je dire - entre le consommateur et le citoyen. Le consommateur veut des produits bons marchés (cf. le succès des enseignes de hard discount) et le citoyen se plaint des délocalisations. Et si on taxait les uns pour contenter les autres ? Le problème est bien qu'il s'agit de la même personne.
TVA sociale et baisses d'impôts
Certains détracteurs de la TVA sociale estiment qu'elle va financer les baisses d'impôts décidés par Nicolas Sarkozy. L'argument ne tient pas si l'on considère que la TVA sociale aura pour objectif d'alimenter les différentes caisses gérées par les organismes sociaux et non par l'Etat.
Ma conclusion
Je suis "POUR" l'instauration d'une TVA sociale car je suis prêt à faire le pari qu'elle peut se faire sans inflation majeure. J'ai conscience du côté injuste de la TVA comme impôt, mais c'est notre seule arme anti-délocalisation à ma connaissance si l'on veut respecter nos accords à l'OMC (impossible de revenir à des taxes douanières par exemple). Au final, l'idée que mon T-shirt chinois paye une partie de mes dépenses sociales n'est pas pour me déplaire.
Irrationnelle, la bourse chinoise est au bord du krach

Caractère chinois signifiant argent ou fortune
En cette fin du mois de mai 2007, le graphique du SSE (Shanghai Stock Exchange) Composite Index a de quoi donner le vertige. Alors que cet indice s'établissait aux alentours de 1.000 points au second semestre 2005, il culmine aujourd'hui à plus de 4.100 points. Depuis le début de l'année l'indice a progressé de près de 59% (de 2728 points le 4 janvier à 4335 points le 29 mai) et ce malgré une baisse observée au moins de février.
Alan Greenspan (ancien patron de la Fed, la banque centrale américaine) a qualifié les marchés boursiers chinois de "surévalués" et ayant atteints des niveaux "insoutenables". De son côté, l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) a mis en garde contre un "risque de correction marquée" des marchés chinois dans ses
Perspectives économiques de mai 2007. Mais rien y fait.
Hier, les autorités chinoises ont tenté de freiner l'ardeur des chinois pour la bourse en triplant la taxe sur les transactions boursières en Chine (de 0,1% à 0,3%), entrainant une correction de plus de 6,5% sur les marchés chinois. Mais aujourd'hui, l'indice composite de la bourse de Shanghai est reparti à la hausse (+1.40%).
Les particuliers chinois sont tentés par la bourse alors que l'inflation en Chine est d'environ 3% et que les comptes à terme et les livrets affichent la même performance. Tous les jours, des comptes titres sont ouverts par dizaine de milliers. On compte aujourd'hui plus de 100 millions de comptes boursiers ouverts en Chine.
Le comportement de certains de ses débutants en bourse a de quoi faire peur. Certains choisissent leurs valeurs en fonction de nombre de "8" dans le code de la valeur, sachant qu'en Chine le chiffre huit porte bonheur. D'autres misent sur une société parce que la valeur nominale du titre est peu élevée pensant que cela signifie que le titre est bon marché. Peu de ses boursicoteurs lisent des journaux financiers, ce qui explique sans doute pourquoi les différentes alertes ne sont pas entendues. Certains sont prêts à emprunter ou à hypothéquer leur maison pour investir en bourse... Une correction boursière majeure pourrait alors entraîner une crise bancaire.
La réalité devrait plutôt inciter à la prudence car la situation des entreprises chinoises cotées n'est pas toujours rose avec des comptes souvent très opaques, certaines malversations et des entreprises encore très liées à l'état.
Le marché boursier chinois est entré dans une zone irrationnelle qui a tout d'une bulle. Un krach paraît inévitable ; on n'en connaît pas encore ni la date, ni l'ampleur, ni les répercussions sur les autres places mondiales.
Coup d'envoi

J'ai le plaisir de vous accueillir sur mon tout nouveau blog qui va parler d'économie et de politique. Je suis Cogérant et Consultant Principal de Baccou Bonneville Consultants, un cabinet de conseil en informatique que j'ai co-fondé en 1995. Je soutiens Nicolas Sarkozy aux prochaines élections présidentielles. Voilà pour les présentations. Bonne lecture à tous.


