Apple s'emmêle les pinceaux dans la fixation du prix de l'iPhone

Le 5 septembre, Steve Jobs annonçait que l'iPhone 8 Go passait de 599 $ à 399 $ alors que ce téléphone d'Apple n'était sorti que le 29 juin. 200 $, soit une baisse de prix d'un tiers en 2 mois, ça fait beaucoup.
Devant une telle baisse de prix, les consommateurs de la première heure se sont bien entendu sentis blousés. Ayant reçu des centaines d'e-mails de la part de clients mécontents, Steve Jobs a présenté ses excuses dans une lettre ouverte publiée sur le site Apple. De plus, Apple va offrir un avoir de 100 $ aux premiers acheteurs d'iPhone.
La fixation du prix est un art plus qu'une science surtout sur des produits technologiques. Les entreprises doivent manier cette discipline avec beaucoup de prudence. En effet, l'annonce de la baisse de prix de 200 $ va sans doute écorner l'image d'Apple. Les early-adopters de produits Apple vont devenir méfiants alors qu'Apple bénéficiait largement du buzz de cette catégorie de consommateurs. Les autres consommateurs vont se méfier d'une entreprise capable de baisser aussi vite ses prix. Imaginons que BMW baisse le prix d'un tiers de son nouveau modèle 2 mois après de son lancement. Le consommateur aurait très certainement des doutes sur la qualité réputée meilleure de la marque allemande.
Enfin, cette baisse de prix laisse supposer qu'Apple ne vend pas suffisamment d'iPhone même si la compagnie vient d'annoncer avoir vendu plus d'un million d'exemplaires de son téléphone multimédia.
Cette baisse de prix a également troublé les investisseurs boursiers : l'action Apple a baissé de 4,74%, 1,28% et 2,48% les 5, 6 et 7 septembre avant de remonter de 3.76% le 10 septembre suite à l'annonce du dépassement de la barre du million d'exemplaires vendus.
Les questions que pose la fusion GDF - Suez

Lundi 3 septembre, Jean-François Cirelli, Président Directeur Général de Gaz de France, et Gérard Mestrallet, Président Directeur Général de Suez ont annoncé la fusion de leurs entreprises à l'Hôtel Hilton, à Paris. Vous pouvez accéder à la vidéo de leur déclaration commune sur le site de Gaz de France.
Ainsi, la pression (ou l'ultimatum devrais-je dire) exercée par Gérard Mestrallet sur le gouvernement pour que le dossier se débloque a finalement payé. Pour autant beaucoup de questions se posent.
D'abord, le nouveau groupe ne va-t-il pas subir une certaine pression de la part du gouvernement par rapport à la fixation de ses prix de vente. L'Etat sera en effet actionnaire du nouvel ensemble et la tentation sera grande de s'immiscer dans le prix de vente du gaz et de l'électricité. A ce titre, Suez va perdre de son autonomie.
Ensuite, la fusion fut laborieuse. Il est probable que des tensions entre les équipes de Suez et de Gaz de France aient vu le jour pendant une aussi longue période.
De plus, le sort du pôle environnement n'est pas évident. L'accord de fusion prévoit que ce pôle sera côté mais des interrogations se font déjà entendre sur le niveau d'endettement qu'il devra supporter. On peut également se demander si Veolia Environnement va se porter acquéreur de la partie hors de France. Dans ce cas, la partie restante sera bien petite pour lutter contre Veolia Environnement.
Enfin, on peut se demander si le scénario d'un rapprochement entre Suez et Enel n'aurait pas été plus créateur de valeur pour les actionnaires de Suez. Il aurait également permis de construire un acteur européen majeur. Mais cette idée a été sacrifiée sur l'autel du patriotisme économique cher à Dominique de Villepin.
Coup de tonnerre sur les marchés financiers. Les banques centrales à la rescousse.

En ce moment, les marchés financiers se comportent comme la météo : un jour, il fait beau ; ensuite, on a un sale temps pendant au moins 5 jours...
Avec la crise du subprime, les investisseurs connaissent aujourd'hui une telle aversion au risque que la liquidité de certains marchés du crédit est menacé, même si ces marchés sont sans rapport avec le crédit immobilier américain.
Pour calmer le jeu, les banques centrales ont donc injectées des quantités très importantes de liquidités dans le circuit financier. Ainsi le 9 aout, la BCE a injecté 94,8 milliards d'euros sur le marché monétaire, un montant record dans l'histoire de la BCE. Le précédent record s'était établi à 69,3 milliards d'euros le 12 septembre 2001 (le lendemain du 11 septembre). Aujourd'hui, vendredi 10 août, la BCE a servi 61,05 milliards d'euros. De son côté, la Fed a injecté 24 milliards de dollars jeudi et 35 milliards vendredi. La BoJ, la banque du Japon, a elle injecté 6,25 milliards d'euros. Je sors ma calculette... Cela fait un total de 205 milliards d'euros ! On a aussi observé une action de la Banque d'Angleterre (BoE) et des banquiers centraux de Suisse, d'Australie, de Norvège et du Canada. Il s'agit donc bien d'une action concertée des différents banquiers centraux.
Dans un premier temps, le marché a accueilli froidement ces nouvelles, en témoigne la baisse de 3,13% du CAC ce vendredi 10 août. En effet, les financiers se sont sans doute dits que si les banques centrales interviennent c'est que la crise est très sérieuse.
Espérons tout de même qu'à terme les interventions des banques centrales permettent au calme de revenir sur les marchés financiers.
Alors, à quand l'éclaircie ?
La Fed ne touche pas à son taux

Ben Bernanke, Président de la Réserve Fédérale
Dans un communiqué daté du 7 août (merci de prononcer "ou" pour faire plaisir au CSA), la Fed, la banque centrale américaine, indique maintenir son taux d'intérêt inchangé à 5,25%.
La décision était très suivie par les investisseurs qui attendaient en réalité plus les propos contenus dans le communiqué que la décision elle-même. Dans celui-ci, la Fed prend acte de "la volatilité du marché de ces dernières semaines et des conditions de crédit plus compliquées pour les ménages et les entreprises". Néanmoins, l'économie américaine semble soutenue par la croissance de l'emploi et par une croissance mondiale élevée. Le communiqué ajoute qu'une modération durable des pressions inflationnistes reste encore à être démontrée. Du coup, pas de baisse de taux. En même temps, Ben Bernanke et ses collègues n'avaient guère le choix : en procédant à une baisse de taux, ils auraient envoyé le signal que la crise est plus grave que prévue.
Une SICAV de trésorerie d'AXA IM trébuche

Axa Trésorerie Plus (FR0000436511) d'AXA IM est un fond monétaire dynamique dont le prospectus commercial vante un objectif de volatilité faible de 1,5 % maximum. Le fond bénéficie à ce titre de 5 étoiles Morningstar (au 05/08/2007). Sauf que le fond vient de prendre un beau gadin : - 3.38% en un mois. Il est passé des premières places du classement de Boursorama au rang 239/243 pour un horizon 1 mois. Pas top pour un fond sensé dopée sa trésorerie...
En fait, dans la partie dynamique du fonds, le gestionnaire a choisi d'inclure des parts du fonds Axa WF IM Libor Plus. Ce fonds était exposé aux subprime mortgage et a fait l'objet d'une belle gamelle comme le relatent Le Monde et La Tribune. Dans un communiqué daté du 23 juillet, AXA IM indique qu'il met en place une mesure temporaire visant à assurer la liquidité du fonds. Pour cela, c'est AXA IM qui se portera acquéreur des parts mises en liquidation.
Par ricochet, la crise du subprime a donc fait une nouvelle victime : une SICAV de trésorerie. Aujourd'hui, AXA IM se veut rassurant : le fond Axa Trésorerie Plus ne contient plus une seule ligne Libor. Et AXA IM se fixe comme objectif de remonter la pente pour Q1 2008. On demande à voir...
Faut-il avoir peur de la récente baisse du CAC 40 ?

Le 16 juillet 2007, le CAC 40 affichait fièrement 6125 points, non loin des plus hauts annuels situés à 6168 points atteints le premier juin. Le 26 juillet, l'indice vedette parisien clôturait à 5643 points. Le CAC venait donc de perdre pas loin de 8% en l'espace de 10 jours. Le déclencheur est connu : il s'agit du tube de l'été, j'ai nommé le subprime. Faut-il pour autant avoir peur de cette récente baisse du CAC 40 ?
Mon point de vue
Cette baisse était attendue / souhaitée par certains (dont votre serviteur) depuis quelques mois (depuis la fin du mois d'avril en ce qui me concerne). Le marché avait visiblement le besoin de souffler pour pouvoir repartir de l'avant. A ce titre, cette baisse peut être vue selon moi comme une opportunité d'achat pour entrer dans le marché à un niveau bien plus acceptable qu'il y a seulement quelques jours.
Ensuite, il y a peu de risques que la crise du subprime ne se propage à l'ensemble des marchés financiers. Les montants relatifs aux subprimes ne représentent qu'une faible part de l'ensemble des actifs financiers de la planète.
Enfin, les entreprises affichent dans l'ensemble de bons résultats (surtout en Europe), le marché actions n'est pas surévalué et la croissance mondiale est très soutenue puisque le FMI attend 5,2% en 2007.
Nous risquons d'observer une période de flottement les prochains temps avec une nette augmentation de la volatilité histoire de mettre un peu les nerfs des investisseurs à rude épreuve. Mais pour ma part, je parie sur un CAC 40 à 6100 points à nouveau avant la fin de l'année peut-être suite à un rallye de fin d'année. D'ici là, patience...
Green Business, la bulle verte ?

Madame Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien, définissais en 1987 le concept de développement durable comme étant "un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". Depuis quelques années, un part de plus en plus importante de personnes ont pris conscience de la nécessité d'un développement économique et social respectueux de l'environnement.
Flairant la bonne affaire, de nombreuses entreprises se sont positionnées sur le marché du "Green Business", y compris au niveau de la bourse. Ainsi, le 29 novembre 2006 EDF a fait côté sa filiale EDF Energies Nouvelles spécialisée dans les énergies renouvelables (éolien, hydraulique, biomasse, solaire). Introduite à 28€, l'action côte aujourd'hui un peu plus de 46€ (+64% en 6 mois, pas mal). Dans un article daté du 23/03/2007, Le Monde s'inquiète de valorisations boursières de l'énergie éolienne [qui] font craindre une bulle spéculative.
De leur côté, les banques proposent de plus en plus de placements "verts" comme l'explique le Figaro dans son article sur la vague verte des placements écolos. Ainsi, le certificat de la Société Générale sur l'indice SOLEX (indice représentatif des valeurs internationales de l’énergie solaire) a pris plus de 50% en 6 mois.
Si on additionne l'engouement des marchés financiers pour ce secteur à de grosses liquidités disponibles, tous les ingrédients sont là pour revivre un remake de la bulle Internet mais à la sauce verte avec l'apparition probable de "startups vertes" survalorisées dans l'éolien, le solaire, les constructions bio, etc.
L'investisseur particulier risque bien d'être pris au piège par un effet de mode, rassuré par le sentiment de faire quelque chose de bien pour l'environnement en investissant dans ce type de sociétés. En mettant de l'affect dans ses raisonnements, il va s'éloigner de l'analyse des fondamentaux de ces entreprises.
Alors, la percée du Green Business est-elle durable ou bien va-t-on assister à l'éclatement d'une bulle verte ? Le développement durable est très certainement une tendance de fond. Mais il n'est pas impossible que le rythme de son adoption ne soit pas celui escompté par les investisseurs et que nous passions à un moment donné par un stade de désillusion.
Irrationnelle, la bourse chinoise est au bord du krach

Caractère chinois signifiant argent ou fortune
En cette fin du mois de mai 2007, le graphique du SSE (Shanghai Stock Exchange) Composite Index a de quoi donner le vertige. Alors que cet indice s'établissait aux alentours de 1.000 points au second semestre 2005, il culmine aujourd'hui à plus de 4.100 points. Depuis le début de l'année l'indice a progressé de près de 59% (de 2728 points le 4 janvier à 4335 points le 29 mai) et ce malgré une baisse observée au moins de février.
Alan Greenspan (ancien patron de la Fed, la banque centrale américaine) a qualifié les marchés boursiers chinois de "surévalués" et ayant atteints des niveaux "insoutenables". De son côté, l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) a mis en garde contre un "risque de correction marquée" des marchés chinois dans ses
Perspectives économiques de mai 2007. Mais rien y fait.
Hier, les autorités chinoises ont tenté de freiner l'ardeur des chinois pour la bourse en triplant la taxe sur les transactions boursières en Chine (de 0,1% à 0,3%), entrainant une correction de plus de 6,5% sur les marchés chinois. Mais aujourd'hui, l'indice composite de la bourse de Shanghai est reparti à la hausse (+1.40%).
Les particuliers chinois sont tentés par la bourse alors que l'inflation en Chine est d'environ 3% et que les comptes à terme et les livrets affichent la même performance. Tous les jours, des comptes titres sont ouverts par dizaine de milliers. On compte aujourd'hui plus de 100 millions de comptes boursiers ouverts en Chine.
Le comportement de certains de ses débutants en bourse a de quoi faire peur. Certains choisissent leurs valeurs en fonction de nombre de "8" dans le code de la valeur, sachant qu'en Chine le chiffre huit porte bonheur. D'autres misent sur une société parce que la valeur nominale du titre est peu élevée pensant que cela signifie que le titre est bon marché. Peu de ses boursicoteurs lisent des journaux financiers, ce qui explique sans doute pourquoi les différentes alertes ne sont pas entendues. Certains sont prêts à emprunter ou à hypothéquer leur maison pour investir en bourse... Une correction boursière majeure pourrait alors entraîner une crise bancaire.
La réalité devrait plutôt inciter à la prudence car la situation des entreprises chinoises cotées n'est pas toujours rose avec des comptes souvent très opaques, certaines malversations et des entreprises encore très liées à l'état.
Le marché boursier chinois est entré dans une zone irrationnelle qui a tout d'une bulle. Un krach paraît inévitable ; on n'en connaît pas encore ni la date, ni l'ampleur, ni les répercussions sur les autres places mondiales.

