Injecter des liquidités, ça veut dire quoi ?

Dans un excellent article, Pascal Riché du site Rue89 nous explique ce que signifie concrètement "la BCE a injecté des liquidités". Utile si l'on cherche à comprendre les dernières actions des banques centrales (voir aussi ma blog note : Coup de tonnerre sur les marchés financiers. Les banques centrales à la rescousse).
Christine Largarde et la BCE pas sur la même longueur d'ondes sur les taux

Photo : MINEFE
Christine Lagarde et la Banque Centrale Européenne ne sont pas tout à fait sur la même longueur d'ondes au sujet de l'attitude à adopter sur les taux de la BCE en pleine tourmente financière.
La Ministre de l'Economie et des Finances a déclaré au micro de la BBC le mercredi 22 août 2007 que la baisse des taux de la BCE "aiderait certainement les entreprises et les marchés en ce moment". Elle a tout de même ajouté que cette décision relevait de la "responsabilité et de l'autorité" des responsables de la BCE. "Ce n'est pas une décision facile et je suis sûre que la BCE l'envisagera avec beaucoup de précautions" a-t-elle déclaré.
Un peu plus tard dans la journée, Christine Lagarde en a rajouté une couche au micro d'Europe 1 (Ecouter l'extrait) : "La BCE est un organisme indépendant qui devra, à la lumière de ce qui s'est passé d'ici le 6 septembre, déterminer s'il est opportun de relever ou de stabiliser son taux. Soit on suit le droit fil des engagements du 2 août (...), soit on comprend les aspirations d'un certain nombre de gouvernements et de grands patrons de banques et d'entreprises pour obtenir du crédit et dans ce cas là, la politique monétaire permet de desserrer un petit peu en n'augmentant pas le taux d'intérêt. On est nombreux maintenant à indiquer notre préférence".
La BCE a répondu que "la position du conseil des gouverneurs de la BCE concernant sa politique monétaire (avait) été exprimée par son Président le 2 août 2007". Lors de cette déclaration, Jean-Claude Trichet avait indiqué qu'une "grande vigilance" était nécessaire par rapport à l'inflation. Ce genre de déclaration est en général annonciateur d'une hausse des taux.
Suite aux déclarations de Christine Lagarde, le Premier Ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a déclaré à l'AFP que les Ministres des Finances de la zone euro devaient respecter l'indépendance de la BCE et de ne pas la gêner avec des déclarations qui pourraient ne pas être comprises par les marchés.
Pour ma part, je pense que ce type de déclaration est plutôt contre-productif car, on le sait, la BCE est attachée à son indépendance. Aussi, la pression exercée par la France pourrait finalement la pousser à agir dans le sens contraire de ce que souhaite la Ministre.
Alors, hausse à 4,25% ou statuquo ? Personnellement, je pense que la BCE va relever son taux à 4,25%. Verdict, le 6 septembre, date de la prochaine réunion de la BCE.
Coup de tonnerre sur les marchés financiers. Les banques centrales à la rescousse.

En ce moment, les marchés financiers se comportent comme la météo : un jour, il fait beau ; ensuite, on a un sale temps pendant au moins 5 jours...
Avec la crise du subprime, les investisseurs connaissent aujourd'hui une telle aversion au risque que la liquidité de certains marchés du crédit est menacé, même si ces marchés sont sans rapport avec le crédit immobilier américain.
Pour calmer le jeu, les banques centrales ont donc injectées des quantités très importantes de liquidités dans le circuit financier. Ainsi le 9 aout, la BCE a injecté 94,8 milliards d'euros sur le marché monétaire, un montant record dans l'histoire de la BCE. Le précédent record s'était établi à 69,3 milliards d'euros le 12 septembre 2001 (le lendemain du 11 septembre). Aujourd'hui, vendredi 10 août, la BCE a servi 61,05 milliards d'euros. De son côté, la Fed a injecté 24 milliards de dollars jeudi et 35 milliards vendredi. La BoJ, la banque du Japon, a elle injecté 6,25 milliards d'euros. Je sors ma calculette... Cela fait un total de 205 milliards d'euros ! On a aussi observé une action de la Banque d'Angleterre (BoE) et des banquiers centraux de Suisse, d'Australie, de Norvège et du Canada. Il s'agit donc bien d'une action concertée des différents banquiers centraux.
Dans un premier temps, le marché a accueilli froidement ces nouvelles, en témoigne la baisse de 3,13% du CAC ce vendredi 10 août. En effet, les financiers se sont sans doute dits que si les banques centrales interviennent c'est que la crise est très sérieuse.
Espérons tout de même qu'à terme les interventions des banques centrales permettent au calme de revenir sur les marchés financiers.
Alors, à quand l'éclaircie ?

