Sarkozy soutient la candidature de DSK à la tête du FMI

Dans un entretien au Journal du Dimanche daté du dimanche 8 juillet, Nicolas Sarkozy confirme qu'il soutient la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fond Monétaire International : Je veux que Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France à la direction générale du FMI parce qu'il m'a paru être le plus apte à ce poste.
Le FMI est une organisation regroupant 184 pays. Il a pour mission de promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi et à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté. [...] comme son nom l’indique, elle est en même temps un fonds auquel les États membres qui ont des besoins de financement temporaires peuvent faire appel pour remédier à leurs problèmes de balance des paiements. (Source : FMI).
Depuis 2004, le FMI est dirigé par l'espagnol Rodrigo Rato mais celui-ci a annoncé le 28 juin qu'il démissionnerait en octobre, deux ans avant la fin de son mandat pour raisons personnelles.
Mon point de vue
Sachant que j'ai beaucoup d'estime pour DSK, je ne peux que me féliciter du soutien apporté par Nicolas Sarkozy. Le Président apprécie très certainement le talent de Dominique Strauss-Kahn alors que les militants PS avaient eux préférés Ségolène Royal lors des primaires au PS. Une fois de plus, le Président accorde plus d'importance au mérite qu'à l'appartenance à un camp ou à un autre. J'approuve.
De l'eau dans le gaz entre Jean-Marc Ayrault et Jack Lang

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a de l'eau dans le gaz entre Jean-Marc Ayrault et Jack Lang. Rappel de la chronologie des faits.
Premier round
Depuis quelques jours, le bruit court que l'Elysée et le gouvernement pourrait demander à Jack Lang de participer à une commission de réflexion sur la réforme de nos institutions aux côtés d'autres personnalités politiques.
Deuxième round
Lors de l'émission Questions d'info du 04/07/07 sur LCP et France-info, Jean-Marc Ayrault a déclaré que s'il décidait de participer à cette commission il ne serait plus à part entière membre du groupe PS. Jean-Marc Ayrault a même ajouté : Je lui déconseille de le faire, il n'a pas encore décidé, s'il le décidait il en assumerait toutes les conséquences".
Troisième round
Dans une lettre adressée à Jean-Marc Ayrault, Jack Lang annonce le 5 juillet qu'il boycottera les réunions du groupe socialiste à l'Assemblée nationale : J'ai pris la décision de ne plus participer aux réunions du groupe socialiste aussi longtemps que tu le présideras avec de telles méthodes..
Mon point de vue
La proposition faite à Jack Lang est tout à fait justifiée. D'abord, Jack Lang est agrégé en droit public et connait bien les institutions françaises. En 2004, il a notamment rédigé un ouvrage intitulé Un nouveau régime politique pour la France aux Editions Odile Jacob. Ensuite, la réforme de nos institutions suppose une modification de la Constitution ce qui nécessite une majorité des deux tiers d'où la nécessité d'avoir un consensus gauche / droite pour arriver au bout de la démarche. Il existe certains sujets qui peuvent et même doivent dépasser les clivages politiques et la réflexion sur les institutions en fat définitivement parti. Enfin, le fait de participer à une commission ne peut pas être comparé au fait de rentrer dans un gouvernement. S'il accepte de faire partie de la commission, Jack Lang n'est nullement tenu à une quelconque solidarité gouvernementale. La décision de Jean-Marc Ayrault d'exclure Jack Lang du groupe PS est tout simplement stupide et ne participe pas à la modernisation des pratiques politiques.
Les contradictions de Ségolène Royal

Les élections sont derrière nous et du coup la parole de Ségolène Royal se libère au risque de contredire des positions encore affichées il y a quelques jours.
Vie publique, vie privée
Les révélations ont commencées le soir même du second tour des élections législatives avec le vrai faux scoop de l'annonce de la séparation de Ségolène Royal avec son compagnon François Hollande. Elle affirmait encore fin mars "oui, nous sommes ensemble et oui, nous vivons toujours ensemble". On peut aussi se demander à quoi bon attaquer l'éditeur de l'ouvrage La Femme Fatale de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin (voir ma note Le livre "la femme fatale" attaqué) ? Notons aussi la violence de la déclaration de Ségolène Royal au sujet de cette rupture : "J'ai demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et je lui ai souhaité d'être heureux". On peut difficilement faire plus expéditif ! Une version hard du "gagnant-gagnant".
Les 35h et le SMIC à 1.500 €
Voici en substance ce que déclare Ségolène Royal à l'AFP jeudi 21 juin : "Par exemple, le SMIC à 1.500 euros brut dans cinq ans, qui est une idée phare de Laurent Fabius, ou la généralisation des 35 heures, sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j'ai dû reprendre dans mon pacte présidentiel et qui n'ont pas du tout été crédibles". On croit rêver ! Comment peut-on lancer des promesses électorales et se renier si peu de temps après sous prétexte de ne pas avoir été élue ? Non que je sois pour la généralisation des 35h ou pour le SMIC à 1.500 €, mais j'imagine aisément le désarroi de certains électeurs qui avaient choisis Ségolène Royal sur ces critères-là.
Dans un entretien accordé au journal Le Monde le 28 juin, Laurent Fabius résume très justement la problématique en la centrant sur la question de la sincérité en politique : "On peut être partisan ou adversaire de l'augmentation du smic, mais si on affirme lors d'une élection être favorable à son augmentation, et qu'on déclare ensuite qu'on y croyait pas, cela devient un problème de nature quasi éthique et suscite un doute sur l'ensemble des propositions qu'on défend".
L'ordre juste ou juste du désordre (au PS)
Les socialistes ont sans doute fait les choses dans le désordre en décidant d'abord d'un programme puis en choisissant un candidat pour l'incarner. Mais alors que Ségolène Royal pense déjà à 2012, on peut se demander si quelqu'un pourra encore croire en ses promesses ? En attendant, c'est bien le désordre qui règne au PS.
Ségolène Royal critique son programme présidentiel
Extraits des journaux télévisés de France 2 (20 h) et de France 3 (19/20) du jeudi 21 juin 2007, reprenant une interview de Ségolène Royal la veille sur LCP ("Questions d'info").
