Conseil des ministres décentralisé : gadget ou bonne idée ?

Aujourd'hui, vendredi 7 septembre, le Conseil des ministres aura lieu à Strasbourg et non au Palais de l'Elysée. Ce concept de Conseil des ministres décentralisé semble être amené à se répéter même si aucun calendrier n'a pour l'instant été communiqué même si on parle déjà de l'éventualité d'un Conseil des ministres en Corse en octobre. Sur ce sujet, la question se pose : est-ce un gadget ou une bonne idée ? Je me pose la question, au-delà de la fierté pour un Alsacien d'accueillir nos gouvernants.
Ceux qui pensent qu'il s'agit là d'un gadget mettent en avant une volonté d'affichage et dénonce le coût de l'opération.
Si le déplacement du Chef de l'Etat, du Premier Ministre et des différentes Ministres s'accompagne d'une prise en compte de certains dossiers locaux importants, le jeu en vaut peut-être la chandelle. Ainsi, à Strasbourg, le déplacement du Conseil des Ministres a été notamment l'occasion de traiter du problème de l'insécurité dans certains quartiers de la ville (Strasbourg a souvent le triste record en nombre de voitures brulées à la Saint Sylvestre) lors d'une réunion à la préfecture du Bas-Rhin avec Michèle Alliot-Marie et Rachida Dati.
Ensuite, on peut tout de même se féliciter que le Nicolas Sarkozy ne s'enferme pas dans "le Château". On peut ici parler d'une rupture par rapport à des habitudes passées. Se déplacer en France et rencontrer les vrais gens ne peut qu'aérer son esprit et se rendre compte des difficultés de nos concitoyens. Et c'est très bien de le faire en dehors des périodes de campagnes électorales. Selon moi, pour qu'il ne s'agisse pas d'un gadget, il faut que l'opération se renouvelle et s'inscrive dans la durée.
Cette opération peut également avoir pour objectif de délivre également le message suivant : tout ne se passe pas à Paris même si beaucoup (trop) de choses se passent à Paris. Un sujet que je connais bien en tant qu'Alsacien travaillant sur Paris... A titre d'exemple, la plupart des fusions / acquisitions conduisent au transfert des sièges sociaux en région parisienne. La fusion entre Sanofi et Aventis a été ainsi fatale au siège social d'Aventis installé à Strasbourg. Rappelons que la région Ile de France concentre un sixième de la population et de l'activité économique du pays. Cela produit les effets collatéraux que l'on connait : hausse de l'immobilier, problèmes de transport, pollution, etc. D'autres pays, comme l'Allemagne par exemple, bénéficient d'une meilleure répartition de l'activité économique sur plusieurs villes. Ainsi, le message politique délivré par un Conseil des ministres décentralisé peut s'avérer intéressant s'il s'accompagne d'une véritable politique de décentralisation économique.
Loi sur le service minimum dans les transports adoptée

Adopté le 19 juillet par le Sénat, le projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres (métro, train, tram, bus) a été adopté dans la nuit du mercredi 1 août par l'Assemblée Nationale. La loi sera applicable au 1er janvier 2008.
Prévention des conflits : le dialogue avant la grève
La loi prevoit d'abord que les employeurs et les organisations syndicales doivent se mettre d'accord avant le 1er janvier 2008 sur les conditions des négociations préalables obligatoires à toute grève.
Organisation d'un service minimum
Pour permettre l'organisation d'un service minimum, les salariés vont devoir déclarer 2 jours avant le début de la grève s'ils ont l'intention d'y participer. Au bout de 8 jours de grève, un vote à bulletin secret doit être organisé pour décider de la poursuite du mouvement de grève.
Information des utilisateurs
En cas de pertubation prévisible, l'entreprise de transport doit prévenir les usagers 24 heures avant. Elle doit également rembourser au moins partiellement les usagers si un plan de transport adapté n'est pas mis en oeuvre.
Non paiement des jours de grève
Le texte réaffirme le principe du non-paiement des jours de grève.
Mon point de vue
Certaines personnes parlent de limitation du droit de grève. Pour ma part, je parle plus volontiers d'un encadrement de ce droit. Les transports terrestres ont la particularité d'être organisé principalement par des entreprises publiques qui jouissent d'un quasi-monopole. Aussi, une grève dans les transports peut très vite poser de sérieux problèmes aux gens modestes qui veulent se déplacer pour aller travailler.
Ensuite, je dois tirer un coup de chapeau à Nicolas Sarkozy qui est en passe de tenir une promesse de campagne. Jacques Chirac lui n'avait pas réussi à mettre en place le service minimum en 2004 alors qu'il l'avait également promis.

